La conscience peut-elle exister sans cerveau ?

Le mystère que la science n'a pas encore résolu

Imaginez un enfant qui voit un éléphant pour la première fois. La lumière rebondit sur l'animal, entre dans ses yeux, et des millions de récepteurs situés au fond de la rétine convertissent cette lumière en signaux électriques. Ces signaux remontent le nerf optique jusqu'au cerveau. Et là… quelque chose de mystérieux se produit.

Comment de simples impulsions électriques deviennent-elles une image mentale vivante ? Comment se transforment-elles en pensée, puis en émotion — « Wow, l'éléphant est si grand ! » ? Ce saut entre l'électricité et l'expérience subjective reste l'une des questions les plus déroutantes de la science. En 1995, le chercheur australien en sciences cognitives David Chalmers lui a donné un nom : le « problème difficile » de la conscience.

La réponse habituelle, celle qu'on enseigne dans les facultés de médecine, est simple : le cerveau crée la conscience. Mais est-ce vraiment si certain ?


« Sans cerveau, mais pas sans cervelle »

En 2007, la revue médicale The Lancet a publié un cas clinique saisissant. Un fonctionnaire français, diagnostiqué à l'âge de 6 mois avec une hydrocéphalie — un excès de liquide céphalo-rachidien qui comprime progressivement le cerveau — avait grandi, s'était marié, élevé deux enfants et exercé son métier sans problème apparent.

À 44 ans, il consulte pour une légère faiblesse de la jambe gauche. Un scanner révèle alors une réalité stupéfiante : la quasi-totalité de son crâne est remplie de liquide. À peine une fine couche de tissu cérébral tapisse les parois intérieures. « Le cerveau était pratiquement absent », a écrit le Dr Lionel Feuillet, du service de neurologie de l'hôpital de la Timone à Marseille.

Et pourtant, cet homme voyait, entendait, ressentait, raisonnait. Sa vie était normale.

Ce cas n'est pas isolé. Le Pr John Lorber (1915-1996), neurologue à l'université de Sheffield, a analysé plus de 600 enfants atteints d'hydrocéphalie. Résultat : parmi les cas les plus sévères, la moitié avait un QI supérieur à 100 et menait une vie tout à fait ordinaire. L'un d'eux avait même obtenu un diplôme de mathématiques avec mention, avec un QI de 126 — alors que son cortex n'avait qu'un millimètre d'épaisseur, contre 4,5 centimètres en moyenne. En 1980, la revue Science publiait ces travaux sous un titre devenu célèbre : « Is Your Brain Really Necessary ? »Votre cerveau est-il vraiment nécessaire ?

L'hypothèse du « cerveau invisible »

Face à ces cas troublants, certains scientifiques avancent une explication prudente : des structures cérébrales profondes, trop petites pour apparaître sur les scanners conventionnels, pourraient assurer les fonctions cognitives même quand le cortex est atrophié.

« Pendant des centaines d'années, les neurologues ont supposé que tout ce qui leur était cher était réalisé par le cortex, mais il se pourrait bien que les structures profondes du cerveau réalisent un grand nombre des fonctions supposées être du seul ressort du cortex », soulignait Patrick Wall (1925-2001), professeur d'anatomie à l'University College de Londres.

Le neurologue Norman Geschwind (1926-1984), de l'hôpital Beth Israel affilié à Harvard, abondait dans le même sens : ces structures profondes inconnues « sont sans aucun doute importantes pour de nombreuses fonctions ». Et son collègue David Bowsher, professeur de neurophysiologie à l'université de Liverpool, ajoutait qu'elles « sont presque certainement plus importantes qu'on ne le pense actuellement ».

Ces spécialistes reconnaissaient donc, dès les années 1980, que notre carte du cerveau est encore incomplète. Mais cette explication suffit-elle à épuiser le mystère ?

ADN, TRAUMATISME ET HYPNOSE

 En 2012, l’équipe du professeur Alain Malafosse du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université de Genève (UNIGE), en collaboration avec le Département de génétique et de développement, a démontré que la maltraitance infantile, les traumatismes, ou les situations de stress post-traumatique, laissent des traces dans l’ADN du sang des victimes jusqu’à la 3ème génération. Ces travaux sont publiés dans la revue Transnational Psychiatrie. 1

Le groupe de recherche du Professeur Alain Malafosse, a ainsi démontré que l’association entre maltraitance infantile et certaines pathologies adultes résultait d’une modification des mécanismes de régulation des gènes.

Cette étude a porté sur 101 sujets adultes souffrant d’un trouble de la personnalité borderline, caractérisé notamment par une instabilité dans les relations interpersonnelles, les émotions et l’impulsivité.


En examinant leur ADN, issu d’une prise de sang, les chercheurs ont observé des modifications épigénétiques, c’est-à-dire dans les mécanismes de régulation des gènes, chez les participants ayant été maltraités durant leur enfance (abus physique, sexuel et émotionnel, carences affectives…).

L’équipe scientifique a montré que plus la sévérité de l’abus ou du traumatisme était importante, plus la méthylation (la modification) du gène était considérable

Ainsi, les traumatismes semblent capables de s’imprimer en nous de manière plus profonde, jusqu’à modifier la transcription de nos gènes. Car notre environnement a une influence sur l’expression génétique. Pour comprendre comment ce phénomène, il faut savoir que toute exposition à un stress, physique ou psychologique, entraîne une série de réponses immédiates. Or nos gènes y participent directement par la production de protéines et de l’hormone cortisol, par exemple. « Dans le cas d’un stress important, explique Ariane Giacobino, généticienne aux Hôpitaux universitaires de Genève, les gènes impliqués dans la réponse au stress subissent des modifications chimiques que l’on appelle ‘méthylations génétiques’ ». 2

Plus étonnant encore, ces méthylations génétiques semblent se transmettre aux générations suivantes : « En suivant la descendance des victimes de traumatismes, on remarque qu’elle présente des symptômes de stress post-traumatique semblables à ceux de ses parents, alors même qu’elle n’a rien vécu de tel. Ces enfants sont plus déprimés, plus anxieux et risquent davantage de développer un trouble psychiatrique », détaille le Dr Nader Perroud, psychiatre aux Hôpitaux universitaires de Genève. Autrement dit, les traumatismes peuvent laisser des traces dans notre ADN et se transmettre jusqu’à 3 générations…

Il y a cependant une bonne nouvelle : cette trace, cette signature peut être effacée par des thérapies et des traitements appropriés.

L’hypnose est-elle une thérapie appropriée pour les traumatismes et les états post-traumatiques ?

Oui. C’est ce que démontre Marion Fareng dans une Thèse de doctorat en Psychologie clinique, soutenue par en 2014 (Université Paris 8). 3

Une étude clinique a été réalisée, visant à évaluer la prise en charge de soixante-dix-sept patients souffrant d’un état de stress-post traumatique selon cinq protocoles développés avec les techniques actuelles d’hypnothérapie. Ces données ont permis de confirmer l’efficacité de l’hypnose sur l’état de stress-post traumatique (ESPT) et les symptômes dissociatifs et anxio-dépressifs, avec un maintien des bénéfices à 6 mois et au-delà.

C’est ce que confirme le Dr Daniel Smaga, Psychiatre psychothérapeute, Président de la Société suisse de psychotraumatologie : « L’hypnose peut donner de très bons résultats si elle fait partie d’une évaluation globale des conséquences du traumatisme… l’hypnose peut permettre au patient de retrouver un espace ludique englouti jusque-là par l’impact de l’horreur traumatique, ainsi qu’un espace vital, une boîte dans laquelle il pourra rêver, façonner de nouvelles réalités, échapper à l’enfermement traumatique, retrouver enfin un espace de vie et de liberté » 4

 Rappelons toutefois que l’hypnothérapie est à proscrire en cas de troubles psychotiques.

L’EFT et l’EMDR donnent également de très bons résultats, associés à l’hypnose ou pas, dans la prise en charge des traumatismes et l’état de stress-post traumatique (ESPT).

Références

Références citées dans cet article :

1- N Perroud, A Paoloni-Giacobino, P Prada, E Olié, A Salzmann1, R Nicastro, S Guillaume, D Mouthon, C Stouder, K Dieben, P Huguelet, P Courtet and A Malafosse. Increased methylation of glucocorticoid receptor gene (NR3C1) in adults with a history of childhood maltreatment: a link with the severity and type of trauma.  Translational Psychiatry (2011) 1, e59; doi:10.1038/tp.2011.60. Published online 13 December 2011. 

2- Comment nos traumatismes s’inscrivent dans nos gènes, par Ariane Giacobino Médecin généticienne

3- Apports de l’hypnose dans les traumatismes psychiques, par Marion Fareng. Thèse de doctorat en Psychologie clinique.

4- La place de l’hypnose dans le traitement des syndromes psychotraumatiques, Dr Daniel Smaga. [The place of hypnosis in the treatment of posttraumatic stress disorders.] Schweiz Arch Neurol Psychiatr. 2008;159:506–10.

5- Nos gènes aussi subissent des traumatismes ! Le Monde 7 août 2014

Annelise YVARS
Cabinet d’Hypnose de Psychanalyse et de Sexologie

Nos vies antérieures, une thérapie pour demain

Né à New York en 1944, le Dr Brian L. Weiss est un psychiatre spécialiste de la thérapie sous hypnose. Il est diplômé de l'Université de Columbia et a terminé ses études de médecine à la faculté de Yale. Il a fait son internat au Centre Médical Bellevue de l'Université de New York, avant de prendre la tête du département de psychiatrie de la faculté de médecine de Yale.

Il est désormais président émérite de psychiatrie au Centre Médical Mont Sinaï à Miami. Il a également publié plusieurs articles scientifiques touchant à la pharmacologie, à la chimie du cerveau, aux troubles du sommeil, aux états d'anxiété et dépressifs, à la toxicomanie, à la maladie d'Alzheimer... Il anime des séminaires, des ateliers et des formations professionnelles dans le monde entier.

Les recherches du Dr Brian Weiss, portent sur la réincarnation, les vies antérieures et la survie de l'âme après la mort. Il est régulièrement l'invité d'émissions telles que The Oprah Winfrey Show.

Alors qu'il utilisait l'hypnose pour aider une patiente à retrouver certains événements traumatisants de son enfance, le Dr Weiss eut la surprise de l'entendre évoquer des souvenirs vieux de quatre mille ans. La jeune femme venait de régresser vers une vie antérieure.

Intrigué, le Dr Weiss a renouvelé l'expérience avec d'autres patients. Il a ainsi recueilli plusieurs centaines de témoignages troublants d'hommes et de femmes tout à fait ordinaires qui lui faisaient part d'existences passées, souvent avec nombre de détails corroborés par nos connaissance actuelles de l'Histoire. Chaque fois, les patients sont sortis de cette expérience non seulement guéris de  pathologies auxquelles la médecine traditionnelle ne trouvait ni remède ni cause, mais aussi transcendés sur le plan personnel et relationnel.

Brian Weiss est rapidement devenu célèbre en faisant la une des journaux, exposant ses recherches sur le pouvoir curatif de la thérapie par régression dans les vies antérieures dans son best-seller : “De nombreuses vies, de nombreux maîtres”. Dans un ouvrage plus récent, “Une même âme de nombreux corps”, le Dr Weiss démontre comment nos vies futures peuvent même nous transformer dans le présent !

Nous n'avons pas seulement eu des existences antérieures, nous en connaîtrons tous d'autres, dans le futur. Selon le Dr Weiss, ce que nous accomplissons dans cette vie-ci détermine le cours de nos existences à venir. Voilà qui n'est pas sans rappeler cette jolie citation dans la bouche de l'héroïne du film “Un plus une” de Claude Lelouch : “Je ne crois pas à la mort et je pense que chaque vie est le brouillon de la prochaine !”

Le Dr Weiss nous encourage à reconnaître ce fait car, non seulement il a fait régresser ses patients dans le passé, mais il a également réussi le pari fou de les faire se projeter dans le futur. Et tous ont ainsi découvert que notre futur est variable : les choix que nous effectuons aujourd'hui détermineront notre qualité de vie dans notre prochaine incarnation.

A travers des dizaines de cas, le Dr Weiss démontre les bienfaits thérapeutiques de la projection dans l'avenir, de même qu'il a prouvé que les régressions dans le passé peuvent soulager ou guérir nos blessures physiques et émotionnelles dans le présent.